Mon hôte Pierre a fait ma lessive, tout sent bon et est bien plié, ma chemise posée sur un cintre. Petit-déj à la hauteur du dîner d’hier soir; café, jus, yogourt maison, fruits séchés, céréales,pain grillé et 3 sortes de confiture. Et la note ne sera que de 40 euros, franchement, ça en valait le double. Difficile de quitter ce confort luxueux mais la route m’appelle. Le temps est beau et c’est aisément que je ferai les 9 kms me séparant de Lanteuil. Le guide m’indique que je suis au pays des Cabas. Les cabas sont ces jolis paniers tressés en seigle qui servent à faire les courses. Je n’en ai pas vu . Je m’arrête à l’épicerie et le propriétaire est tout surpris de savoir qu’au Québec on connaît ce chemin et que l’on peut se procurer le guide dans lequel les coordonnées de son commerce apparaissent. Bonne technique de marketing car j’achèterai plus de provisions que j’en ai besoin. Je rencontre quelques chiens agressifs, heureusement enchaînés, mais le pas se fait tout de même plus rapide. Un monsieur dans sa cour m’offre des prunes de son jardin, « prenez tout ce dont vous avez besoin, me dit-il », on causera un peu. L’étape est très courte aujourd’hui, seulement 20,4 kms. J’arrêterai 2 kms avant Collonges-la-Rouge pour mon lunch du midi. La vue est superbe, je suis assis sur mon petit matelas en haut d’une butte, devant moi,le champ récemment fauché est garni de belles bottes de foin. L’ombre m’est offerte gracieusement par mon ami « le Châtaignier »; je ne fais pas que me remplir le bedon, je me nourris l’intérieur de bons aliments, d’air pur et de beautés.

Ici se trouve un massif de grès rouge, la couleur est dû à l’oxyde de fer contenu dans le grès. Tout le village est bâti de ce grès rouge ce qui donne une uniformité de couleur. Je jette un bref coup d’oeil au village car je compte y revenir pour le visiter plus tard. Je me rends à mon gîte de ce soir La Mérelle.

Je dois ici faire une parenthèse. Il y a plus d’un an alors que je planifiais mon itinéraire, m. Ceyrac ,propriétaire de La Mérelle et instigateur du chemin de St-Jacques en Limousin, nous conviait, par des photos sur Facebook, à venir découvrir ce beau coin de pays. En fait, chaque jour pendant des mois, une photo du chemin tentait de nous séduire et ma foi, petit à petit, j’ai succombé à la tentation. Sur internet, j’ai vu le gîte prendre forme , pierre par pierre, et l’escalier, et la salle de douche et….  J’arrive donc à La Mérelle face à la source qui a inspirée mon chemin et à la rencontre d’un ami, François Ceyrac.

Belle et chaleureuse rencontre avec François et avec, la femme derrière le projet, sa compagne Puce Ceyrac. Tout dans cette maison semble relever de la passion de bien faire les choses. Du sirop de menthe maison aux recherches historiques qui ont donné le nom au gîte. Tout est pensé, conçu et réalisé pour apporter un bien-être aux pèlerins de passage. Je note dans mon cahier « Ici, ça sent le bonheur ».

Maintenant que dire du village. Toutes les maisons sont de grès rouge, des tours à profusion garnissent les bâtiments qui rivalisent de beauté. Dans le grès, ici, une petite sirène sculptée, là un coeur et une coquille. Les balcons sont fleuris et l’effet des vignes s’accrochant aux murs couleur sang procurent aux visiteurs un éclat de plus dans l’oeil déjà ébloui.

Si pour les bouddhistes le but de la vie est d’annihiler les souffrances, et bien ici à Collonges-la-Rouge je veux bien me faire moine.

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