J’ai la chance d’avoir un sommeil à l’épreuve des soucis, donc ma nuit fût très bonne. Petit-déj englouti , j’attends craintivement la note de l’hôtel,  47,20 euros, finalement c’est pas si mal pour une fois mais je dois rester prudent. Dès le départ, j’hésite sur la direction à prendre, le guide dit « allez vers la fontaine et passer derrière la bascule », qu’est-ce que c’est une bascule???  Je découvris qu’il s’agissait d’une pesée pour camion ou machinerie agricole à même le sol dans les rues. Je m’excuse de mon ignorance mais ce concept n’existe pas ici au Québec, du moins pas dans cette échelle de grandeur. Le reste du chemin se fait sans embûches. La nature est généreuse, le regard porte loin à l’horizon. Ça ressemble au Québec, comme au parc du Mont-Tremblant ou Charlevoix, fleuve en moins. Le ciel est couvert donc la lumière est moins bonne pour les photos. J’ai appris ce qu’est la Bruyère, petit bosquet de fleurs blanche-rose-violacée. Le genêt a terminé sa floraison, dommage ça sent si bon. Depuis quelques jours, je déguste des prunes Mirabelle délicieuses, des petites cerises sauvages et des mûres en abondance. Donnez-moi un chaudron et je vous fais des confitures pour l’hiver qui vient.

À  » La Réveillère », petit hameau, j’ai vu un joli four à pain et une maison au tôit de chaume. J’aurai une brève rencontre avec une dame qui a fait Compostelle en plusieurs étapes. J’arrive à Eymoutiers, endroit où je n’ai pas trouvé d’hébergement qui me convenait hier. L’entrée dans la ville dans un parc où on franchit une passerelle nous donne une vue sur la collégiale qui est époustouflante. Wow! Je visite l’église, les voûtes briquetées aux motifs et coloris variés est une merveille. Dans un vitrail je découvre un pèlerin portant la coquille. Je ressors sur la place, m’assois et mange un yogourt. Bon, je fais quoi? Je jette un coup d’oeil à mon guide et j’appelle au gîte de Lacelle à 14 kms plus loin. Il y a de la place, c’est décidé, je continue. Je traverserai de grandes forêts de Mélèze. De descentes en montées j’arriverai à Lacelle à 16:05hres , après 31 kms.

L’état du gîte est moyen mais j’y serai seul donc ça va. Le responsable du gîte est aussi le restaurateur du tabac/resto d’en face, il m’informe que sa mère me préparera mon dîner même si le soir le resto est fermé. Je suis très content d,avoir persister sur ce chemin. J’aimerais rassurer mon monde sur internet mais je n’ai pas de réseau. Je planifie mon parcours pour demain et en faisant 32 kms, je sauterai une étape. Après l’achat de provisions, je vais visiter l’église. Celle-ci a la particularité d’avoir un clocher qu’on actionne de l’extérieur, la façade porte des sillons imprimés par le temps dans les pierres.

L’heure du dîner arrive, madame Langlade me prépare; soupe aux nouilles et carottes, plateau de jambon sec, terrine maison et cornichons, omelette aux pommes de terre rissolées à la tomate, plateau de 3 fromages, nectarine et vin. 13 euros une aubaine. Pendant le repas un gros Labrador noir me tient compagnie en déposant son museau sur ma cuisse., je lui en refile des petits morceaux. Monsieur Langlade me tient la conversation en ponctuant la conversation de  » Tu entends ça maman, le canadien dit… »

Plein comme un cochon, je me dirige vers mon lit en me disant que décidément, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Belle, belle journée.

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