La nuit fut bonne. Petit-déj réduit au minimum, on est loin des oeufs/bacon du Québec. Quelques gouttes de pluie qui cesseront de tomber après 5 minutes. Dans mon guide on dit de suivre le chemin creux, il s’agit en fait d’un petit sentier, comme un écrin de verdure qui forme  un tunnel par endroit. Accroché à un poteau, une boîte enjolivée d’une coquille invite le pèlerin à écrire un mot au proprio « ami du chemin ». Je continue jusqu’au village suivant « St-Agnant-de-Versillat ». Dans le cimetière, j’observe une lanterne des morts, il s’agit d’une colonne creuse assez haute où on pouvait hisser à l’intérieur une source lumineuse qui permettait aux égarés d’avoir un repaire menant au village (comme un phare). Une autre curiosité du cimetière, des petits abris en panneaux synthétiques transparents qu’on érige au-dessus des tombes. Cela me fait rire, comme si on voulait mettre les morts en serre pour qu’ils poussent mieux.

J’arrive maintenant dans une grande ville « La Souterraine ». C’est jour de marché, je fais des provisions et un marchand m’offre une tomate. Je rencontre un bénévole de St-Jacques, il m’invite à l’église pour tamponner ma credencial. Une table complète d’informations est mise à la disposition des pèlerins. Monsieur me raconte les pressions exercées sur le maire pour obtenir un gîte pèlerin dans cette ville. Nous sommes déjà plus de 1000 pèlerins à avoir signé le registre attestant de notre passage. Arrêt à la banque, premier retrait au guichet, ça se passe bien.

De retour sur les routes campagnardes, je rencontre une pèlerine et nous marcherons ensemble pour la journée. Nathalie me devançait d’une journée mais je l’ai rattrapée. Partie de Bourges elle désire se rendre jusqu’à Périgueux. Ça change de marcher à deux, on cause et on cause, je reprends le temps perdu.

Lorsqu’on arrive à Bénévent, c’est la fête « Les moutonnades ». Partout des stands sont remplis de produits du terroir ou artisanaux. Bière, animation, musique et concours de « Devinez le poids de ce mouton et gagnez ». Des gens nous arrêtent pour parler de Compostelle, une dame me raconte son voyage au Québec. Très beau gîte tenu par des anglais, c’est aussi un B & B. Le jardin est fleuri et la vue donne sur l’abbaye. Un homme âgé est de passage, il nous raconte les années de son enfance passées ici pendant la seconde guerre mondiale. Depuis 2 jours, il tente de retracer des personnes connues mais malheureusement sa quête est infructueuse, il est triste de voir tous les commerces fermés ou abandonnés ou vendus aux anglais. Cet homme est fin connaisseur d’art, nous argumenterons longtemps sur la beauté des vitraux de Ste-Foy-de-Conques.

Retour en ville pour le dîner, les étals sont fermés, il ne reste que les comptoirs de restauration rapide. Ce sera une bière et un bruschetta à la Genoise pour moi. Il ne reste que les fêtards et les canettes de bière vides s’amoncellent, nous préférons rentrer. Il y a un énorme feu d’artifices qu’on pourrait voir de notre dortoir mais cela m’obligerait à me rhabiller alors tant pis, dodo.

Leçon de vie du pèlerin: étendre vos chaussettes par le bout du pied ainsi si elles sont encore humides au matin, ce sera à votre cheville et non sous le pied, ceci causant des ampoules.

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