Départ à 6:40. Je suis en pleine forme et mon ampoule semble guérie. Comme seule provision, je n’ai qu’une poire, ce sera le seul aliment que j’ingurgiterai sur les premiers kilomètres de la journée. Dans les champs, les jolies chèvres de l’Indre ont fait place aux belles vaches Limousines. Dans le ciel, le sillage des avions forme une étoile alors je me dis que le champ des étoiles (compostella)sera pour moi aujourd’hui. Les plats chemins du début font place à des dénivelés.  Je suis dans La Creuse. À Argenton-sur-Creuse, c’est la ville. Je fais des provisions mais préfère prolonger l’étape. Finalement, c’est à 13:00hrs que je ferai l’arrêt pique-nique.

Je me remet en marche sur les rives de La Creuse et je dois maintenant escalader des roches pour franchir le cours d’eau, ce sentier s’appelle « Le chemin des casse-cous ». C’est mon premier passage difficile depuis le début de mon aventure mais aujourd’hui avec déjà 30 kms dans les pattes, ce n’est pas évident. À l’entrée du village de Gargilesse, le visiteur est prévenu qu’il met les pieds dans un des plus beaux villages de France. Je confirme c’est magnifique. Les ruelles foisonnent de petites boutiques où artistes et artisans s’affairent à créer un peu de beauté dans ce bas monde. On ajoute à cela, un château et une belle mais vieille église. Par contre, ce qui m’impressionne le plus, c’est le pigeonnier où se trouve le bureau de tourisme. Tout de pierres et arrondi, le pigeonnier compte une multitude de niches à pigeons. Chaque niche du pigeonnier représente 1 acre de terrain pour le propriétaire, je suis dans le domaine d’un riche, c,est certain. Et que dire du gîte! immense bâtisse de pierres avec des fenêtres en arc au premier, j’aurai, moyennant 13,90E une chambre privée, confort et commodités dont un lave-linge et ….oh oui!…..un lave-vaisselle. Ici, la douche et la lessive se font en souriant. Avec un code qu’une jeune me donne, je me rends sur les marches de l’hôtel de ville et je me connecte à internet. J’aurai droit à un commentaire en direct de ma voisine Lavalloise, vive la technologie.

Je dînerai de mes « toutcequi » c’est-à-dire, tout ce qui me reste dans le sac à dos. Dans le gîte, une pèlerine allemande qui est passée par Nevers me tiendra compagnie durant mon repas. Je finirai la soirée dans la cour extérieure et comble de chance, dans l’église voisine résonne un concert de chant et d’harpe celtique, moment de grâce. Je ferai quelques photos de nuit mais mon appareil ne rend pas justice à ce que je vois. Après 34,3 kms, mon corps réclame sa période de repos, bonne nuit les anges.

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