J’ouvre les yeux, il est 7:00 hres et je quitte immédiatement. Déjà, au coin de la rue, le « tabac » est ouvert, j’aurai mon grand crème du matin. À 2 portes de là, l’odeur du bon pain m’attire, je m’offre un croissant au beurre chaud. Je quitte la ville par un beau pont sur la Loire et j’entre dans un chemin herbeux. Encore de magnifiques champs de tournesols. Je ne peux que m’arrêter face à une immense maison blanche avec son étang et son joli pavillon, qu’il doit être bon de vivre à cet endroit. S’ensuit un bout de forêt, j’en profite pour réciter ma requête spirituelle. Pour le moment je n’arrive qu’à prier pour Lyne et mes enfants. Je prends conscience de tout l’amour que j’ai pour eux et c’est à travers mes larmes que tout ça s’exprime ce matin. Une auto se gare à mes côtés et un monsieur m’indique le chemin à suivre, c’est gentil  c,est sa façon de participer à mon aventure. À St-Martin-des-Champs, un tabac est ouvert, j’y trouve une carte d’appel internationale et une recharge pour mon mobil. Dire qu’hier je disais manquer de tout alors qu’aujourd’hui tout se présente à moi comme par magie. Sancergues: jolie petite ville, une vieille dame s’empresse de m’offrir de l’eau en rajoutant d’un air coquin « je vous ai mis deux glaçons », adorable. Lorsque je quitte la ville, les indications de mon guide diffèrent du balisage alors je ferai 1 km de plus. Je retrouve le chemin et je rencontre une autre dame âgée. Elle me questionne et lorsqu’elle apprend que je suis « canadien », elle me dit toute surprise « vous parlez bien français, je comprends tout ce que vous me dites » ça me fait rigoler. Pause de 5 minutes à Charentonnay et c’est en chantant que j’entre dans Couy.

Il est l’heure de déjeuner, j’ai mon pain acheté ce matin. Dans une petite épicerie je trouve des victuailles dont un tout petit fromage de chèvre local, « c’est cochon ». Après ma sustentation, je visite l’église et voit sur les fonds baptismaux, l’empreinte de coquilles sculptées, je suis vraiment sur un chemin de Compostelle. Déjà 20 kms de fait mais je suis de nouveau hors du chemin, un monsieur m’indique le chemin et me parle du beau Québec et de ses chutes Niagara???  Les derniers kilomètres sont pénibles, j’ai une douleur sur le dessus du pied droit, peut-être que mes bottes étaient lacées trop serrées, je terminerai l’étape en sandales.

Je suis à Baugy, beau petit gîte et j’y serai seul. La nuit sera réconfortante. J’appelle à la maison mais pas de réponse, dès que je pense à eux j’ai une montée d’émotions incontrôlables. Il est 19:00 hres, je bois une bière, les cloches sonnent et je regarde mes vêtements à sécher.

Je note les « leçons » du chemin: 1-Vaut mieux acheter du pain complet que de la baguette, il sèche moins vite et je peux en manger 2 jours consécutifs.

2- Hier j’ai appris ce qu’est un arc en tiers-point en architecture

3- Que ce n’est pas grave les embêtements, ça signifie juste que c’est pas la fin de l’histoire car une histoire finit toujours bien. Je me souhaite une longue longue histoire.

Bon j’arrête, un cachet anti-inflammatoire m’aidera et je vais souper..euh…dîner.

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